l_exercice_de_l_etatOn entend autour de nous souvent ressasser que la politique ne sert à rien. Que ces mecs en costards souvent chers et bien coupés, sont (très) payés, certes, mais que rien n'avance, ou que la moindre décision prend un temps infini. Mais c'est aussi ça la démocratie, chacun donne son avis avant qu'une décision collégiale soit prise, personne ne décide seul. Avec l'ancien président on en a soupé et bavé dans les médias. L'omniprésident, partout. Pléonasme, oui mais Sarkozy était un pléonasme à lui tout seul. Monsieur plus plus. Alors quand Hollande essaie d'être « Monsieur moins moins » évidemment la pilule a du mal à passer. Habitué qu'était le peuple à voir le président en personne venir dire qu'il va le sauver. Ce qu'il n'a pas fait. Mais le dire suffisait à apaiser la plaie. J'entends ce matin sur BFM, Raffarin, complètement remonté et rechargé comme une pile, dire à grand coup d'accent de la 3e République qu' « il n'y a qu'à… », « il faut…», des mesures de ci de ça. Raffarin ! Toujours là lui ? Les cheveux blanchis, il continue… bla…bla…chez lui dans son Poitou, il créera 100 emplois à Centers parc (beurk). Encore du smic stressant. Un Raffarin, comme sous coke, qui critique NS hier et l'adule encore aujourd'hui, lui qui le trouvait hyperactif en mai dernier. Raffarin donc, trouve que François Hollande n'a pas le rythme nécessaire, qu'il n'est pas assez réactif envers les jeunes électeurs et que ça lui porte préjudice. Pendant ce temps Bernadette achève sa tournée d'abattage. Sont-ils utiles en politique ceux-là ?

Raison gardons

Ah François, je serais lui, j'en aurais déjà marre. Marre d'être critiqué ; marre qu'on ne me laisse pas le temps d'agir ; marre que le moindre faux pas déclenche un raffut. Pourtant, il faudra s'y habituer. La politique aux plus hautes sphères du pouvoir n'est pas une partie de crapette. Deux films récents se penchent sur la question de l'exercice ou de son accession. « La conquête » était une caricature réussie. « L'exercice de l'Etat » est un film sombre, dur où l'impuissance et la trahison sont maîtresses. A aucun moment on ne sait s'il s'agit de la gauche ou de la droite, le sujet n'est pas là. La politique on se demande même pourquoi ils y reviennent. Un coup dans la gueule en public ? Ils supplient encore ! Certain dit qu'il s'en va à grand renfort de caméras ? Pas un an après il est encore là ! Il doit sûrement y avoir quelque chose d'intéressant à trouver, à gagner, à conserver… Le pouvoir (mais je sens que c'est là qu'est le graal).

J'ai voté Hollande pour retrouver un semblant de dignité dans ce pays « sarkozysé ». Retrouver pour tous l'éducation, la santé, la justice, la dignité dans le travail, des valeurs auxquelles je suis attachée et qui me semblent indispensables. La liste n'est pas exhaustive.

“ Que les socialistes n’aient pas été aussi socialistes qu’ils le prétendaient, cela n’offusquerait personne : les temps sont durs et la marge de manœuvre n’est pas grande. Mais ce qui peut surprendre, c’est qu’ils aient pu contribuer à ce point à l’affaiblissement de la chose publique… Tout cela a quelque chose de surprenant, surtout pour ceux que l’on envoie en première ligne remplir les fonctions dites “sociales” et suppléer les insuffisances les plus intolérables de la logique du marché sans leur donner les moyens d’accomplir vraiment leur mission. Comment n’auraient-ils pas le sentiment d’être constamment floués et désavoués ?
On aurait dû comprendre depuis longtemps que leur révolte s’étend bien au-delà des questions de salaire, même si le salaire octroyé est un indice sans équivoque de la valeur accordée au travail et aux travailleurs correspondants. *Le mépris pour une fonction se marque d’abord par la rémunération plus ou moins dérisoire qui lui est accordée.” Pierre Bourdieu. Contre-feux. Editions Raisons d’agir 1998