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Je me fous de savoir que Machin a deux voitures neuves, ou que Truc a une piscine de plus que Bidule. Le patrimoine même médiocre ne fera jamais le politique. On se trompe et on nous trompe une fois de plus. Cahuzac aurait montré son patrimoine avant d'être promu, cela n'aurait rien changé. "Ah oui au fait j'ai un compte bien garni en Suisse !" Evidemment on ne le savait pas et sans Mediapart que ça plaise ou non on n'aurait pas su ! Donc vous croyez que Untel ou Toto vous dira les yeux dans les yeux, "Ah…  et avec mes deux Peugeot rouillées et mon vélo j'ai aussi quelques centaines de milliers d'euros sur un compte mais très très loin !" On n'y arrivera jamais. Il y aura toujours quelqu'un pour contourner s'il le souhaite et réussir à le faire sans problème.

Et voilà, c'est là le nœud du problème. Comment refaire confiance à nos politiques ? Comment accepter que certains ayant eu ou ayant encore des affaires sur le dos soient encore là, à dire qu'il faut moraliser ? Comment ces messieurs-dames peuvent-ils encore se présenter et être élus ? Les gens ne savent pas les dessous, les travers et le panier de crabes qu'est le monde politique. Comment Guérini ou Santini peuvent-ils se faire payer leurs frais de justice pas la collectivité ? La chose publique doit être le bien de tous. Je comprends que certains ne soient pas contents qu'on leur demande de dévoiler leur patrimoine. Le problème est qu'on soit obligé d'en arriver là. La transparence n'est pas dire je gagne tant ou tant. La transparence serait de ne pas vouloir absolument faire de la politique son métier. La transparence serait de limiter à 5 ans la chose politique et de rendre possible son accessibilité au plus petit qui le souhaite. Un service rendu (contre revenu bien sûr) à l'avantage de tous. Ne plus mentir au peuple. Quand on ne dit pas la vérité aux enfants, ça fait des dégâts pour la suite parfois. Et le peuple n'est pas un enfant.

Donc si le président et les ministres et si les autres partis le voulaient on serait déjà passés à une VIe République. Je pense que peu d'entre eux veulent

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que ça change, car la manne est là, immobile qui prend toute la place. Imaginez on efface tout, on recommence. Finis les logements de fonction, les chauffeurs, les retraites indécentes, les ores. Une coupure nette à ce budget-là, qui y a pensé ? Les fameuses enveloppes ministérielles, 6000 euros par mois alloués aux ministres (de droite comme de gauche) en liquide pour leurs frais ? Qui les enlèvera ? Bref, devenir ministre, député ou simplement élu est parfois perçu comme un enrichissement personnel. Donc revoir tout cela à la baisse. Et prouver de ses dépenses à l'institutionnel régulièrement et être obligé de le faire. Une obligation de résultats aussi, car on se souvient des actions mises en place, abandonnées et déboulonnées par le suivant (maisons Borloo, contrats de travail bidons des uns et des autres, bref les fiascos… ). Sinon la démocratie vacille. Les gens se disent qu'ils ne voteront plus, qu'ils ne paieront plus (sachant qu'ils seront sanctionnés). Et après ? Dans la rue avec des pics et des fourches ? Et après ? Ils s'entretueront. C'est comme ça que démarrent les guerres parfois. L'Histoire nous l'a montré.

Le petit se fait souvent tancer par ce qui passe pour l'autorité, mais quand celle-ci n'est pas honnête ? Il ne faudrait pas que la politique devienne la religion des laïcs. Le changement doit être.